L’Uruguay est le premier pays que j’ai visité seulement en tant que touriste lambda. D’ailleurs, je ne l’ai pas traversé mais juste visité quelques lieux. Du coup la vision que j’en ai est un peu bateau. Pas de rencontres avec les locaux. Ou plutôt si, mais ils sont originaires du Canada, d’Allemagne et de France… Allez comprendre… Normalement en Uruguay, on ne fait que passer mais eux ont tous décidé de s’installer par coup de cœur, c’est là l’unique point commun de ces gérants d’auberge, journalistes et photographes.
Mais par-contre, où que je sois allé en Uruguay, je m’y suis senti bien.

Et puis il y a cette bizarrerie démographique : la très grande majorité de la population est concentré dans et autour de la capitale (Montevideo) ce qui fait que lorsque vous débarquez dans un endroit autre que Montevideo, c’est un peu comme si c’était tout le temps l’heure de la sieste et il ne s’y passe pas grand-chose.

L’intérieur des terres ne m’a pas vraiment marqué et je n’ai pas grand-chose à raconter si ce n’est cette rencontre avec ce chauffeur de bus à Minas qui a tout simplement décidé de me prendre en stop (pendant le service hein, sinon ça n’aurait pas été gênant pour moi) pour m’avancer sur dix bornes quand-même avant de faire demi-tour immédiatement après car en plus, il était sorti de son circuit rien que pour moi.

Mais l’Uruguay c’est surtout très bien pour y fêter son anniversaire. C’est ce que je retiens de mon passage en Uruguay : mon anniversaire à Cabo Polonio (côte est).

A Cabo Polonio, on y va parce qu’on sait que Punta del Este (plus au sud) est la destination privilégiée des jet-setters du coin et que Punta del Diablo (plus au nord) est déjà plus sauvage mais quand-même bien établie en tant que destination touristique. Donc au milieu, il vous reste Cabo Polonio dont tout le monde dit que c’est plus “sauvage”, plus “authentique”, tout ça.

Cabo Polonio
Alors c’est ça, la vie à Cabo Polonio…

Si on veut être très schématique (pour le coup ça m’arrangerait bien qu’on veuille), on peut dire que Cabo Polonio est une presque-ile en forme d’épingle. La tête d’épingle est très grosse et très verte et ressemble à un petit village breton qui est d’ailleurs surplombé par un phare. Les habitations y sont construites en “dur” contrairement au reste du village qui lui est littéralement posé sur la plage et principalement constitué de bois cerné par deux plages : pratique pour choper les vagues selon le vent et la marée du jour ! Pas de réseau électrique ni d’eau courante. Chacun s’éclaire à sa façon une fois la nuit tombée : ça va de la bougie au générateur à essence en passant par des batteries de camion rechargées à l’éolienne individuelle. Bref, mieux vaut amener sa frontale pour pouvoir se déplacer dans le village de nuit, sinon on marche sur un crapaud (énormes les crapauds là-bas) ou on se plante un bout de bois dans le tibia car vu qu’il n’y a pas de routes on a une fâcheuse tendance à en créer une sans le savoir (oui il y a un paradoxe, mais on est a Cabo Polonio quoi).

Cabo Polonio, Uruguay from polyvertex on Vimeo.

Bref c’est minuscule et quand on arrive sur place, on prévoit trois jours uniquement pour la forme car en fait, en dix minutes de marche traine-tatanes, on a traversé le village.
Mais tout ça, c’est sans compter l’extraordinaire pouvoir hypnotique du lieu, la sympathie de ses habitants (qui sont un peu barrés il faut bien le reconnaître) et enfin la complicité intéressée des chiens qui ne seraient pas contre une petite pièce ou deux ou un ticket restaurant. D’ailleurs je pense que c’est là qu’ils ont tourné la série Lost mais j’arrête là le parallèle car je vais me faire taper sur les doigts vu que je n’ai pas pu donner signe de vie à l’intelligencia française pendant mon séjour là-bas.

Auberge
“Mon auberge, avec Pancho, son gérant (enfin il ramasse juste le pognon quoi) et “qu’on ne voyait qu’un jour sur deux ou trois.

Vue
La vue depuis ma chambre.

Compagnon
Quoi que vous fassiez, un ou deux copains vous suivront, parfois pendant plus de 2 heures… Malins et persévérants les clebs en Uruguay.

Les vaches
Des vaches au bord de l’océan qui veulent retourner en France mais qui n’ont pas de passeport.</p>

Pour rester 10 jours là-bas avec peu de ressources il a fallu creuser un peu car on ne peut pas retirer d’argent (sinon ça ne serait pas vraiment “authentique”) et dormir dehors était un peu compliqué sans tente en cette période à cause du vent et du sable, sans compter que c’est “interdit” mais ça en Uruguay, on découvre vite que c’est un gros mot. Donc reste l’auberge en se serrant la ceinture autant qu’on peut et en négociant le prix de la nuit comme si votre bourse gauche en dépendait.
On mange du fruit, on tape dans la bière et les assiettes des autres pensionnaires de l’auberge (à ce sujet, expliquer que son anniversaire est proche, ça aide vachement car on n’a pas besoin de demander) et puis on se fait expliquer par les locaux comment pêcher de nuit dans les vagues, à l’épuisette et à la lampe frontale.

Partager sa bouffe
Le voyage, ça se partage, la bouffe aussi.

Epuisette
L’épuisette en fin de vie gracieusement prêtée et laissant passer une proie sur trois. M’en fiche j’avais une super frontale.

Si vous ne connaissez pas encore le bonheur de cuisiner puis gober sa propre friture (panée s’il vous plait) de très bon matin et pêchée pendant la nuit jusqu’à deux heures, profitez-en et emmenez-y votre fils histoire qu’il soit immunisé à vie contre le rhume… D’ailleurs cette étape représente le stade ultime de la puberté. Le pubère, une fois sorti vainqueur de l’épreuve “Pêche gèle-glaouis à Cabo Polonio” peut se faire appeler “l’Homme”, sans complexe.

Quand-même, courir comme un con dans le noir complet et les vagues derrière des poissons qui eux nagent, ça a quelque-chose de singulier.