Après ma sortie du parc national, je retourne à l’auberge pour y récupérer mes affaires et j’y reste un peu pour sauvegarder mes photos et vidéos sur internet.
Puis, histoire de me réveiller, je marche les 4/5 km qui séparent l’auberge de la gare routière puis prends un bus local pour me rendre à Ciudad del Este (Paraguay). De là, je pourrai prendre un autre bus pour Asunción (la capitale) ce qui me reviendra moins cher qu’un bus direct depuis Foz de Iguaçu vers Asunción…

Ces bus locaux ne s’arrêtent habituellement pas à la frontière car les locaux, qui font souvent l’aller-retour dans la journée, n’ont pas besoin de passer à la douane. Sachant cela, je demande au chauffeur de s’arrêter à la douane pour que je puisse y faire apposer les visas sur mon passeport (sortie du Brésil, entrée au Paraguay). Le bus se met en route puis énorme connerie : je m’endors, la tête encore dans les étoiles de la nuit passée.

A mon réveil, nous sommes à Ciudad del Este, le chauffeur ne s’est pas arrêté, je ne sais pas s’il avait peur de ne pas respecter son horaire ou autre chose, le résultat est là, je suis clandestin.
Il faut réfléchir vite, un bus part pour Asunción dans 10 minutes.
Retourner à la frontière à pied est déconseillé et il se trouve qu’elle est assez loin pour me refroidir à l’idée de faire l’aller-retour dans l’immédiat surtout que je ne sais pas où elle est exactement et que je n’ai pas envie de passer la nuit à Ciudad del Este.
Je me dis que je pourrai régulariser ma situation au bureau d’immigration d’Asunción et prends finalement le bus de justesse pour m’y rendre. Le paramètre de réflexion que j’ai oublié dans la précipitation c’est l’éventualité d’un retour au Brésil en passant par la Bolivie : donc régulariser ma situation vis-à-vis du Paraguay ne sera pas suffisant de toute façon… Il y a des jours comme ça…

C’est trop tard, autant profiter du Paraguay maintenant, surtout que le voyage se fait de jour, j’ai le loisir d’observer le paysage…

J’arrive à Asunción dans la soirée, il fera nuit dans une demi-heure.
J’avais pris soin avant de partir d’enregistrer les coordonnées GPS et l’adresse de l’hôtel choisi.
Il est 19h, il fait bientôt nuit, on n’est pas tout à fait dans le centre-ville et j’ai encore 4km à parcourir à vol d’oiseau (aujourd’hui ça sera le chiffre 4), JC, il ne faut pas trainer !
Sinon pour les gens normaux, il y a le bus, ligne 8 (4x2, j’arrête), qui vous emmène au centre-ville…

Je marche, je marche, il fait nuit, on ne voit pas grand-chose et quand on est chargé comme un âne, mieux vaut s’assurer de l’endroit où l’on pose le pied sous peine de foulure. Les rues sont pavées de façon très inégale, d’ailleurs ce ne sont pas des pavés mais des pierres comme coupées si bien que certaines d’entre- elles sont pointues, les trottoirs sont tantôt de sable, tantôt cassés, cela m’oblige à redoubler de vigilance et me ralentit grandement.
Et puis surtout, quand j’arriverai presque trois heures plus tard à l’endroit indiqué par mon GPS, je serai en fait à un peu moins d’un kilomètre de ma destination réelle ! A ce moment j’ai pensé que j’avais mal recopié les coordonnées GPS mais non, il se trouve que le fautif est le système de carto utilisé pour l’occasion. Il y avait encore un peu de monde dehors donc j’ai demandé mon chemin (finalement on en revient toujours aux basiques) mais ça n’a pas vraiment été couronné de succès.

Coupe gorge
Un boulevard vide et tout à coup, oh un coupe gorge !

Il est plus de 23h quand je trouve un hôtel bien placé, sur la place Uruguaya, ça fera l’affaire, efforts récompensés. En voyant mon état, le gérant me dira juste d’aller me coucher, on verra pour le passeport demain. Enfin je vais quand-même prendre une douche et demie avant…