Ce que je retiens de ma première journée au Brésil à part le carnaval, c’est la barrière de la langue. Pour n’importe quel touriste, il est relativement aisé d’acheter une bouteille d’eau, de passer une commande dans un restaurant et au final, repartir chez soi sans avoir perçu de manque tant la nouveauté l’aurait submergé. Mais j’ai entrepris ce voyage pour aller vers les autres et là j’ai un peu de mal à entamer des discussions plus élaborées qu’une demande de renseignement ou équivalentes. Du coup je retombe malgré moi au niveau de touriste parmi les touristes, mon séjour devient anonyme. Que j’essaie au moins de profiter de ce que le Brésil peut m’offrir en tant que tel : c’est-à-dire beaucoup ! Et puis on verra par la suite que cette barrière n’est pas insurmontable et que je vais quand-même pouvoir avancer grâce à des brésiliens qui ne parlent pas que le portugais.

Ca y est, je suis au Brésil !

Mais avant de pouvoir partir, il faut que j’aille chercher mon sac à l’aéroport.
Je ne peux pas y aller avant 13h sans quoi je me retrouverai face à un guichet fermé donc je me ballade dans la ville pour voir à quoi ressemble un lendemain de carnaval au petit jour : quasiment personne dans les rues, beaucoup de détritus et une armada d’éboueurs.
C’est beaucoup plus calme qu’hier soir, j’aime aussi.

Une fois à l’aéroport, pas simple c’est un peu comme si tout à coup tout le monde était parti en vacances. Une fois mon sac récupéré, je sors de la ville en bus pour jouer du panneau.
Il pleut par intermittence et il y a du vent. Etre trempé a deux inconvénients en autostop : le plus évident étant qu’on est mouillé ! Et comme on est mouillé il y a des chances pour qu’un automobiliste tenté de vous prendre rechigne finalement en se disant “Il va en mettre partout sur ma banquette !”.

Coup de bol de la taille du Disque-monde, mon premier et seul conducteur jusqu’à São Paulo sera Francisco (non, pas le jour même qu’en Espagne).
Il ne parle pas anglais mais on va tenter l’espagnol. Ca reste mince à cause de mon niveau. C’est un le même cas de figure qu’avec Enn en Espagne sauf que cette fois, c’est mon interlocuteur qui m’aide à trouver mes mots. On restera dans le flou tous les deux mais j’aurai suffisamment confiance en lui plus tard pour laisser mes deux sacs dans sa voiture le temps d’aller aux toilettes.

Il y a plus de 400km jusqu’à São Paulo, je vais finir par manquer à mon devoir et m’endormir. Heureusement j’avais pris soin de faire comprendre à Francisco que j’ai mon permis et que s’il le souhaite durant le trajet, je peux prendre le relai. Il ne me le demandera pas.

Francisco me dépose vers 21h dans São Paulo, je le remercie grandement mais il est pressé et j’ai bêtement oublié pendant le trajet de lui demander une adresse e-mail et de poser pour une photo.
Je suis un peu loin de l’auberge que j’avais sélectionnée, la nouvelle astuce consiste à enregistrer les coordonnées du point d’arrivée dans mon petit GPS avant le départ. J’aurai au moins une direction et une distance. C’est bien surtout lorsque j’arrive de nuit.

Arrivée vers 22h à l’auberge.