Je n’ai pas assez de temps pour retranscrire tout ce que je note sur mon petit carnet, alors en guise d’amuse-bouche, voici un petit aperçu global de ma vie en ce moment…

C’est le 4ème jour de mon périple, parti de Paris, je suis actuellement à Casablanca. A une exception près j’ai voyagé en stop jusqu’à présent. C’est formateur et surtout cela me permet d’avoir une vue de l’intérieur du pays que je traverse : ça s’est vérifié en Espagne et ça se confirme au Maroc où je suis actuellement.

En ce qui me concerne le stop m’a mis en condition dès le premier jour : 3h30 d’attente pour sortir de Paris à la porte d’Orléans, dans le froid. On peut aller jusqu’à haïr le vent…

Le stop ne pardonne pas lorsque vous faites des erreurs de routage ou lorsque vous vous empressez un peu trop de rentrer dans une voiture après une longue attente sans vous assurer de l’exactitude de sa destination comme cela m’est arrivé au sud de Seville (Los Palacios), où après avoir passé 3h à marcher au bord de la nationale et avec un vent fort parce que mon chauffeur m’avait déposé juste à l’endroit où nos routes se séparaient (endroit qui bien-sûr ne possède pas forcément les qualités requises d’un bon “spot” de stop), j’ai dû me résoudre à faire machine arrière et remonter à Seville. Une erreur que j’ai payée au prix fort.

En ce qui concerne l’échange culturel, le stop tient ses promesses de très loin.
J’ai appris bien plus de choses en une seule journée d’autostop au Maroc, qu’en une semaine en tant que touriste lambda. Bien-sûr cela peut paraître évident à dire et pourtant je ne savais pas à quel point.
D’abord parce qu’évidement il y a un échange avec les locaux sans qu’il y ait d’intérêt commercial à la clé ce qui vous donne un aperçu beaucoup moins biaisé de l’intérieur du pays que vous visitez mais aussi parce que ce faisant, vous vous libérez des rouages habituels du commerce touristique. Le bémol étant que selon la façon dont on se débrouille, on peut très vite rentrer dans un mode de vie précaire.

Bref le stop est une expérience riche et intense qui vous sollicite à la fois physiquement, psychiquement, émotionnellement et qui fluctue énormément. Vous pouvez mener une véritable vie de pacha puis vous retrouver le lendemain sous un soleil de plomb à marcher au bord d’une national pendant plusieurs heures. Une école en soit.